En version texte:
"Je veux revenir une derniĂšre fois sur cette histoire⊠pas pour relancer une polĂ©mique, mais parce que je pense quâil y a deux ou trois choses importantes Ă dire⊠AprĂšs ça, je passerai Ă autre chose. Quand Jordan Bardella a rendu hommage Ă Kavinsky, jâai rĂ©pondu: âMerci de vous abstenir de cet hommage. La musique Ă©lectronique vous dĂ©teste. Bien cordialementâ
La house sâest construite dans les communautĂ©s noires, latinos et gays de Chicago. La techno a Ă©tĂ© créée Ă Detroit par de jeunes artistes noirs. Le disco, les raves et les clubs ont longtemps permis Ă des gens rejetĂ©s ailleurs de se retrouver, de danser et dâexister librement. Cette culture repose sur le mĂ©lange, lâinclusion, la libertĂ©, la solidaritĂ© et la possibilitĂ© dâĂȘtre diffĂ©rent sans avoir Ă sâexcuser.
Alors oui, je le redis : le Rassemblement national est un ennemi de cette culture. Le RN aime la culture quand elle est morte, inoffensive et transformĂ©e en patrimoine national. Il aime les artistes quand il peut rĂ©cupĂ©rer leur succĂšs. Mais la culture vivante, libre, critique, minoritaire, incontrĂŽlable, celle-lĂ , il la mĂ©prise. Ce nâest pas une impression.
Dans plusieurs villes rĂ©cemment remportĂ©es par le RN, des Ă©lus ont dĂ©jĂ rĂ©duit des budgets culturels, supprimĂ© des concerts gratuits, fragilisĂ© des festivals et attaquĂ© des programmations quâils jugeaient trop « Ă©litistes ».
En avril 2026, lâAssemblĂ©e nationale a examinĂ© une proposition de loi visant Ă renforcer la pĂ©nalisation des rave-parties. Lors des dĂ©bats, plusieurs dĂ©putĂ©s ont proposĂ© de supprimer lâarticle premier, celui qui instaurait ce durcissement. Les dĂ©putĂ©s du Rassemblement national ont votĂ© contre la suppression de cet article. Ils ont donc soutenu son maintien. Vous ne pouvez pas rĂ©cupĂ©rer la musique Ă©lectronique tout en combattant son histoire, ses lieux, ses libertĂ©s et les gens qui lâont créée.
Maintenant, parlons de ce qui sâest passĂ© aprĂšs mon tweet. Jâai exprimĂ© une opinion politique en une phrase. et la rĂ©ponse de certains militants du RN, ce sont des centaines dâinsultes, du harcĂšlement et des menaces. Aujourdâhui, ces gens ne sont pas au pouvoir et ils expliquent dĂ©jĂ publiquement quâils se souviendront de nous et quâils viendront nous chercher.
Alors quâest-ce quâil se passera demain sâils pensent que lâĂtat, la police et les institutions sont de leur cĂŽtĂ©? Quâest-ce qui se passera quand une personne parlera dâun sujet plus grave que la musique? Quâest-ce qui se passera si cette personne est plus jeune, plus isolĂ©e, plus fragile ou moins entourĂ©e que moi ? Je suis entourĂ©. Je sais me dĂ©fendre. Les menaces seront signalĂ©es et transmises Ă la justice. Mais tout le monde nâa pas cette chance. Câest prĂ©cisĂ©ment pour ça quâil ne faut jamais banaliser ces comportements. La libertĂ© dâexpression ne consiste pas Ă pouvoir menacer quelquâun parce que son opinion vous dĂ©plaĂźt.
Et pour finir, je veux remercier les milliers de personnes qui mâont soutenu.
Les artistes, les producteurs, les labels, les mĂ©dias, les auditeurs et tous les gens que je ne connaissais pas avant cette histoire. Vos messages mâont Ă©normĂ©ment touchĂ©. Ils ont surtout confirmĂ© une chose. Nous sommes beaucoup plus nombreux quâeux Ă vouloir une culture libre, accueillante, mĂ©langĂ©e et vivante. Vous ne nous intimiderez pas. Et vous ne rĂ©cupĂ©rerez pas notre musique."
Contexte:
Bravo Ă lui dâĂȘtre restĂ© solide sur ses positions et dâavoir expliquĂ© lucidement le contexte tel quâil le voit.
Câest pas directement en lien mais le rappel quâil fait concernant lâemergence du disco et de la house me rappelle fort les episodes 3 et 4 du podcast Une histoire du Dancefloor que jâai Ă©coutĂ© rĂ©cemment, qui vient les documenter, si ca en intĂ©resse certain-es.
Gros soutien Ă lui.



