Livres, BDs, mangas, comics, magazines, … Partagez vos dernière lectures et ce que vous en avez pensé.

  • Œil@jlai.lu
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    4 days ago

    Le Papillon, premier roman d’Andrus Kiviräkh, qui raconte la vie fantasque d’une troupe de théâtre estonienne, à Tallinn au début du 20e siècle. On retrouve le goût de Kivirakh pour le folklore, mais ce n’est pas au niveau de son génial L’homme qui savait la langue des serpents. J’ai publié un extrait ici.

    Insectopolis, de l’américain Peter Kruper. Je ne suis fan ni des bds de vulgarisation scientifique ni du style graphique de l’auteur, mais j’aime les bêbêtes et la nature, surtout lorsqu’elles nous rappellent que l’humanité n’est qu’un invité comme un autre sur Terre, voire même plus insignifiant…

  • pseudo@jlai.lu
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    4 days ago

    Freedom Farmer résistances agriculturelles noires aux États-Unis de Monica M White.

    Je ne réalisais pas à quel point les afroaméricains vivaient jusqu’à récemment dans des conditions très proches de celles de l’esclavage. En 1950~1965 beaucoup d’entre eux dans le Sud travaillaient encore pour un salaire de misère sur les plantations de coton, sur lesquelles ils vivaient dans des cabanes en bois ou des tentes de toile.

    Le sujet du livre ce n’est pas ça, mais comment le travail de la terre fait partie de la culture afro-américaine au-delà de l’oppression et comment il est source de résistance, mais cette info-là m’a particulièrement marqué.

  • Libb@piefed.social
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    4 days ago

    Trop peu lu cette semaine, comme la précédente, en plein travaux avant notre déménagement. Mais quand même pu lire quelques Contes d’Hoffmann (dont ‘Casse-noisette’, ‘Le conseiller Crespel’, et ‘Les mines de Falun’), dans une édition intégrale (?) de ses contes fantastiques parue dans les années 60 chez Flammarion, en trois volumes.

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    Encore une fois, c’est un classique de la littérature qui pourrait amener le lecteur à se demander pourquoi et comment les contes se sont transformés de ce genre de récits, bourrés de profondeur(s) et de nuances. Ok, les contes de Hoffmann n’étaient très probablement pas directement destinés aux enfants mais restaient lisibles (ou, mieux encore, écoutables si on choisissait de les leur lire). Bref, comment on est passé de ça aux histoires bien plus… tenues en laisse et moins nuancées, au vocabulaire et à la grammaire bien plus limités aussi, qui semblent être devenus la norme dans ce qui est maintenant considéré comme essentiellement une forme de littérature pour la jeunesse. Comme si nous avions le vertige, ou peur de notre ombre, ou de je ne sais quoi.

    Je me faisais aussi cette réflexion que Casse-Noisette, qui est centré autour d’une fillette de 5 ou 7 ans (j’ai oublié son âge) qui réalise le soir de Noël que ses précieux jouets (et ils sont littéralement précieux en tant que jouets, voir même uniques en leur genre car faits à la main par un tonton qui tient plus de l’horloger magicien que du père Hasbro ou de la mère Mattel), ainsi que ceux de son frère, sont vivants d’une vie qui leur est propre. Toute ressemblance avec Toy Story serait… pleinement assumée de la part des géniaux créateurs de Toy Story, mais la ressemblance s’arrêterait là, car la vie de ces jouets est sensiblement plus intense et violente et, à mon avis, sensiblement plus riche celle des jouets dans la version Toy Story (encore une fois, géniale : c’est un film que je regarde toujours avec enthousiasme). Ce conte qui a connu bien des succès, donc, je ne me risquerais pas à le faire lire tel quel à une petite fille de nos jours, ni même à le lui lire sans d’abord changer pas mal de choses dans le texte. Non pas que le texte soit mauvais, il est brillant si un peu long, mais parce qu’il est trop exigeant. Dans la forme comme dans le fond. En fait, il seraexigeant pour pas mal de lecteurs adultes, aussi.

    Or, mode vieux con ‘ON’ je suppose, je n’arrive pas à piger en quoi c’est un progrès dans l’éducation, ni pour qui que ce soit, de ne plus être capable de facilement lire ce qui reste des petites histoires écrites pour questionner sans en avoir l’air nos doutes et nos craintes, ainsi que nos désirs (Les mines de Falun est pas mal du tout, dans le genre, surtout dans sa capacité à maintenir l’incertitude dans la pertinences des choix et des décisions), et aussi pour questionner nos morales toutes faites, à coups de rêves et d’imagination…

    • pseudo@jlai.lu
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      4 days ago

      Bin justement je commence à lire “donner le goût de lire” de Christiane Poslaniec et un argument central c’est que pour que les enfants et futur adulte découvre la lecture-plaisir, il ne faut pas juger ce qu’ils lisent. Même si c’est lisse, plat, linguistiquement intéressant et pauvre narrativement (à nos yeux), il faut laisser l’enfant lire ce qu’il a choisi parce que la lecture-plaisir est une expérience intime en lien avec le livre lu mais aussi le lecture.

      Quand un enfant aura pris le goût de lire, il ira vers plus, vers autre et on pourra lui proposer des textes ou des histoires plus riches mais d’abord il faut qu’il lise quelque chose qui lui plaît et la littérature jeunesse quoi qu’on en pense reste la seule littérature qui s’adresse directement aux enfants. Il faut présenter à l’enfant le plus de choix possible et ne jamais le forcer jusqu’à qu’il vive l’expérience de la lecture plaisir.

      C’est vraiment l’argument du livre non extrapolé mais je suis vraiment d’accord avec ça. J’ai beaucoup lui de littérature jeunesse cette année et il y a des choses vraiment intéressante même pour les adultes. C’est surtout que les attentes sont différentes.

      • troglodyte_mignon@lemmy.world
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        3 days ago

        Dans une bibliothèque où j’allais enfant, un poster des “Droits du lecteur” de Pennac était affiché au mur. J’aime beaucoup leur esprit.

        Les droits du lecteur de Daniel Pennac, illustrés par Quentin Blake. 1, le droit de ne pas lire. 2, le droit de sauter des pages. 3, le droit de ne pas finir un livre. 4, le droit de relire. 5, le droit de lire n’importe quoi. 6, le droit au bovarysme. 7, le droit de lire n’importe où. 8, le droit de grapiller. 9, le droit de lire à voix haute. 10, le droit de se taire.

        • Œil@jlai.lu
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          3 days ago

          Ah ça m’a l’air d’être des illustrations de Quentin Blake en plus ! J’adore.

          • troglodyte_mignon@lemmy.world
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            3 days ago

            À l’origine, il les a énoncés dans Comme un roman, où il parle de son expérience de professeur de français. Mais le poster avec les illustrations de Blake est très mignon. Je trouve que le style des dessins convient parfaitement.

      • Libb@piefed.social
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        3 days ago

        Bin justement je commence à lire “donner le goût de lire” de Christiane Poslaniec et un argument central c’est que pour que les enfants et futur adulte découvre la lecture-plaisir, il ne faut pas juger ce qu’ils lisent. Même si c’est lisse, plat, linguistiquement intéressant et pauvre narrativement (à nos yeux), il faut laisser l’enfant lire ce qu’il a choisi parce que la lecture-plaisir est une expérience intime en lien avec le livre lu mais aussi le lecture.

        J’entends régulièrement ça.

        C’est très juste mais le souci avec cet argument du « il ne faut pas juger », c’est que trop souvent on l’utilise indistinctement sur deux choses très différentes et alors l’air de rien ça peut amener à rendre impossible tout questionnement au nom d’une certaine forme de morale (« c’est pas bien de dénigrer telle ou telle pratique », que ce soit la lecture, le sexe, la façon de se nourrir, etc.), morale qui, sans surprise, se met d’elle-même en droit d’échapper à toute critique—une spécialité des religions, poser des interdits moraux ‘indiscutables’—chose avec laquelle je me sens personnellement assez peu d’affinités, je le reconnais.

        Le ‘jugement’ dont il est habituellement question quand on parle de la « lecture plaisir » est un jugement de type moral : « ton bouquin il est bête/génial », ou « la BD c’est nul comparé au roman », ou encore « la fantasy ça pue des pieds comparé à la SF (ou à la Dark Romance, etc.) », etc. Ce genre de choses.

        Et là, je suis entièrement d’accord que ces jugements sont inutiles dans le meilleur des cas. Au pire, ils peuvent-être incroyablement destructeurs. Etant toxiques, ils doivent être tenus en laisse et démontés sans pitié quand ils sont utilisés.

        Mais quand je dis « le jour suit la nuit » (ou vice versa) je ne porte pas un jugement de valeur, je ne qualifie ni ce jour ni cette nuit, je fais une observation que d’autres peuvent faire avec moi et dont nous pouvons choisir de discuter. Libre à n’importe qui de me prouver que mon expérience est trompeuse (je suis preneur), ou de me démontrer que la façon dont j’en parle est loin d’être satisfaisante pour telles et telles raisons (idem), mais personne ne devrait se sentir autorisé à me reprocher d’exprimer une observation… aussi foireuse puisse-t’elle être par ailleurs… Au nom de quoi, d’ailleurs ?

        Pour en revenir à ce que je disais à propos du conte d’Hoffmann et du lecteur d’aujourd’hui :

        • Tu auras noté que, plus que de donner mon avis sur ce qu’ils lisent aujourd’hui (je suis très heureux qu’ils lisent, fin de la discussion en ce qui me concerne)) j’ai surtout tenté d’insister sur ce qu’ils ne lisent pas, ou plus.
        • Je dis aussi que je doute que la plupart des jeunes lecteurs puissent vraiment apprécier ce (pourtant chouette) texte en l’état, faute d’une préparation suffisante à sa lecture. Précisant aussi que le texte lui-même, même s’il est loin d’être parfait, n’était pas la cause de mes réserves, mais bien le fait que ce lecteur contemporain lambda est bien moins préparé que le lecteur plus ancien. Ce qui n’est pas de sa faute.

        Moins familiarisé avec ce genre de lectures, sa lecture en sera plus difficile et donc l’expérience sera très probablement moins plaisante ce qui, pour un conte, me semble un tantinet regrettable.

        Car lire « Casse-Noisette et le Roi des souris », ce n’est pas censé être la même chose que lire un essai de 796 pages sur la « perception et l’accueil des différences dans notre société (chez les enfants, en particulier) ainsi que sur l’importance de prendre conscience de notre part innée de violence pour ne pas la laisser dicter notre comportement en société » suivi de la lecture pas moins essentielle à mon avis d’un autre essai sur « Le rôle central des a priori et des traditions dans la fabrication de notre propre imaginaire en toute liberté ». Vraiment rien à voir comme types de lectures… même si ce vraiment chouette petit conte en parle lui aussi, à sa manière pleine de petits bobos et d’une grosse fièvre, de jouets, d’une pantoufle, de souris et de rats, sans oublier ces adultes qui presque tous ne comprennent absolument rien à ce que leur expliquent les enfants.

        Mais encore une fois, ne pas y être préparé ce n’est ni la faute ni du lecteur, ni du conte. C’est la faute à une éducation qui a négligé son travail ou qui pense que la solution n’est pas d’apprendre à faire l’effort (réel effort) de lire des textes plus exigeants mais bien de simplifier tous les textes.

        Bien résumé, Hamlet tient en trois paragraphes, Le misanthrope en deux, Les Misérables peut-être entre cinq paragraphes, Ulysses de Joyce tiendra en trois lignes maxi, tout comme La recherche du Temps perdu, d’ailleurs. C’est évidemment plus facile à lire mais pas forcément aussi enrichissant que lire les livres eux-mêmes.

        Bref, je pense que j’ai déjà trop insisté : c’est uniquement ça que je pointe du doigt. Pas du tout ce que ces lecteurs lisent par ailleurs (que je lis peut-être aussi moi-même d’ailleurs, aussi vieux et obsolète que je puisse être ;)

    • Œil@jlai.lu
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      4 days ago

      J’ai E.T.A Hoffmann sur ma liste depuis un bout de temps, il faudrait que je m’y penche.

      je n’arrive pas à piger en quoi c’est un progrès dans l’éducation, ni pour qui que ce soit, de ne plus être capable de facilement lire ce qui reste des petites histoires écrites pour questionner sans en avoir l’air nos doutes et nos craintes, ainsi que nos désirs (Les mines de Falun est pas mal du tout, dans le genre, surtout dans sa capacité à maintenir l’incertitude dans la pertinences des choix et des décisions), et aussi pour questionner nos morales toutes faites, à coups de rêves et d’imagination…

      Je ne comprends pas à quoi tu fais référence exactement ni ce sur quoi tu te bases pour faire ce constat ?