Pour moi elle permet déjà de faire le tri dans l’analyse des partis entre la “vraie” extrême gauche, qui ne se soucie pas des institutions (NPA, éventuellement LO, et puis toute la nébuleuse d’orgas, RP, FA, UCL, etc) et les gens qui gardent la ligne des socialistes d’avant (LFI, parfois PCF/Ecolos). En gros, il y a du monde à gauche de LFI, même si peu nombreux, et peu médiatisés, ça reste plus que les camarades des ZAD. Donc à mes yeux, dans les deux cas, il y a toujours une pertinence à considérer LFI comme de gauche (surtout que c’est un reproche qui leur est adressé par l’extrême-gauche, de ne pas rompre avec le système).
Côté extrême droite les universitaires n’utilisent pas la distinction révolutionnaire/réformiste, vu que notament les nazis ont accédé au pouvoir après être devenus réformistes. C’est justement là l’un des dangers de l’ED, c’est qu’historiquement elle a bien les deux facettes politiciens respectables / miliciens violents.
Pour moi, tout ça fait vraiment sens historiquement et politiquement.
Perso, je fais toujours attention avant de parler de “vraie” gauche ou de “vraie” extrême gauche. Parce que quand il y a plusieurs définitions, il n’y en a pas une qui est plus vraie que les autres.
Toi, tu mets la barrière au fait d’être révolutionnaire. Moi, j’aurais tendance à dire que l’extrême gauche, ça commence avec l’anticapitalisme, qui peut être révolutionnaire ou réformiste.
Oui, moi aussi je trouve qu’au niveau de l’extrême droite, ce qui compte, ce n’est pas tellement la façon d’accéder au pouvoir que le projet politique qu’il y a derrière.
D’une façon générale, j’évite d’utiliser les étiquettes gauche et droite pour parler vraiment du contenu des idéologies. Pour moi, c’est vraiment juste une indication de leur position dans l’hémicycle. Et c’est d’autant plus vrai quand tu t’intéresses un peu à l’histoire politique que tu remontes au 19e siècle, où n’importe qui qui était pour la République était considéré de gauche, voire radical, en fonction des époques.
Je trouve que les définitions nébuleuses sont un gros problème en politique. C’est inévitable parce que c’est un outil rhétorique très utile pour convaincre des gens de voter pour toi, même s’il y a des différences idéologiques (“Je vous ai compris!” “Je suis anti-système!”). Mais on devrait combattre au maximum ces choses-là qui empêchent de réellement créer une culture du compromis et du consensus.
Globalement, je comprends ta façon de voir les choses, et ok pour dire que gauche/droite c’est des tartes à la crème qui veulent tout et rien dire.
Ceci étant dit, je pense que c’est carrément se voiler la face que de juste penser “les étiquettes changent, alors osef”. Certes les étiquettes changent, mais avec des vitesses variables : par exemple, ce que veut dire extrême-gauche dans le nuancier actuel des partis et dans la tête des gens sont deux choses différentes. Aujourd’hui dire “gauche” n’est pas uniquement une référence à qui est actuellement le plus progressiste, mais aussi à des valeurs et des combats dans le dernier siècle ou les deux derniers siècles. Si on suivait ton raisonnement, dans une situation hypothétique où un parti néonazi passe et interdit tous les autres partis, leur aile la plus sociale pourrait être qualifiée “d’extrême-gauche” : perso, je trouve ça stupide, à moins de préciser un référentiel (l’EG des néonazis) et à ce moment là ça devient pertinent, parce qu’on sait qu’on ne fait pas référence à l’histoire politique dans son ensemble.
Le point de l’anticapitalisme est un exemple criant : tout le dernier siècle, toute la gauche était anticapitaliste, des anars aux socialos. Qu’aujourd’hui des partis portant des noms historiquement de gauche aient adopté et appliqué des programmes néolibéraux devrait faire revoir leur classification, plutôt que la classification des voisins plus à gauche. En gros, le PS devient centriste/de droite, et plutôt que de changer cette étiquette, on va dire que c’est les voisins qui sont devenus d’extrême gauche. Cette attitude est politisée : c’est de la communication néolibérale pour faire accepter le capitalisme comme “ni de gauche, ni de droite”.
D’autant que tout le raisonnement se base sur la position dans l’hémicycle, ce qui exclut déjà une bonne partie de la gauche révolutionnaire qui n’est par principe pas dans cet hémicycle. Tout le monde est à la gauche ou la droite de quelqu’un, donc il faut bien prendre un référentiel pour dire de quoi on parle. Mais l’ hémicycle est un référentiel biaisé en ce qu’il lui manque une partie des forces en présence. Et du coup, vu qu’on veut dire que c’est les anciens socdem les nouveaux “extrême gauche”, on est obligés d’aller inventer des termes genre “ultra-gauche” pour les nouveaux révolutionnaires. C’est pas juste une évolution de l’échiquier avec adaptation automatique des étiquettes, c’est une manipulation active des étiquettes pour créer des narratifs plus favorables au capitalisme en appliquant un imaginaire d’extrême-gauche à des partis qui n’en sont pas (de cet imaginaire).
Pour moi elle permet déjà de faire le tri dans l’analyse des partis entre la “vraie” extrême gauche, qui ne se soucie pas des institutions (NPA, éventuellement LO, et puis toute la nébuleuse d’orgas, RP, FA, UCL, etc) et les gens qui gardent la ligne des socialistes d’avant (LFI, parfois PCF/Ecolos). En gros, il y a du monde à gauche de LFI, même si peu nombreux, et peu médiatisés, ça reste plus que les camarades des ZAD. Donc à mes yeux, dans les deux cas, il y a toujours une pertinence à considérer LFI comme de gauche (surtout que c’est un reproche qui leur est adressé par l’extrême-gauche, de ne pas rompre avec le système).
Côté extrême droite les universitaires n’utilisent pas la distinction révolutionnaire/réformiste, vu que notament les nazis ont accédé au pouvoir après être devenus réformistes. C’est justement là l’un des dangers de l’ED, c’est qu’historiquement elle a bien les deux facettes politiciens respectables / miliciens violents.
Pour moi, tout ça fait vraiment sens historiquement et politiquement.
Perso, je fais toujours attention avant de parler de “vraie” gauche ou de “vraie” extrême gauche. Parce que quand il y a plusieurs définitions, il n’y en a pas une qui est plus vraie que les autres.
Toi, tu mets la barrière au fait d’être révolutionnaire. Moi, j’aurais tendance à dire que l’extrême gauche, ça commence avec l’anticapitalisme, qui peut être révolutionnaire ou réformiste.
Oui, moi aussi je trouve qu’au niveau de l’extrême droite, ce qui compte, ce n’est pas tellement la façon d’accéder au pouvoir que le projet politique qu’il y a derrière.
D’une façon générale, j’évite d’utiliser les étiquettes gauche et droite pour parler vraiment du contenu des idéologies. Pour moi, c’est vraiment juste une indication de leur position dans l’hémicycle. Et c’est d’autant plus vrai quand tu t’intéresses un peu à l’histoire politique que tu remontes au 19e siècle, où n’importe qui qui était pour la République était considéré de gauche, voire radical, en fonction des époques.
Je trouve que les définitions nébuleuses sont un gros problème en politique. C’est inévitable parce que c’est un outil rhétorique très utile pour convaincre des gens de voter pour toi, même s’il y a des différences idéologiques (“Je vous ai compris!” “Je suis anti-système!”). Mais on devrait combattre au maximum ces choses-là qui empêchent de réellement créer une culture du compromis et du consensus.
Globalement, je comprends ta façon de voir les choses, et ok pour dire que gauche/droite c’est des tartes à la crème qui veulent tout et rien dire.
Ceci étant dit, je pense que c’est carrément se voiler la face que de juste penser “les étiquettes changent, alors osef”. Certes les étiquettes changent, mais avec des vitesses variables : par exemple, ce que veut dire extrême-gauche dans le nuancier actuel des partis et dans la tête des gens sont deux choses différentes. Aujourd’hui dire “gauche” n’est pas uniquement une référence à qui est actuellement le plus progressiste, mais aussi à des valeurs et des combats dans le dernier siècle ou les deux derniers siècles. Si on suivait ton raisonnement, dans une situation hypothétique où un parti néonazi passe et interdit tous les autres partis, leur aile la plus sociale pourrait être qualifiée “d’extrême-gauche” : perso, je trouve ça stupide, à moins de préciser un référentiel (l’EG des néonazis) et à ce moment là ça devient pertinent, parce qu’on sait qu’on ne fait pas référence à l’histoire politique dans son ensemble.
Le point de l’anticapitalisme est un exemple criant : tout le dernier siècle, toute la gauche était anticapitaliste, des anars aux socialos. Qu’aujourd’hui des partis portant des noms historiquement de gauche aient adopté et appliqué des programmes néolibéraux devrait faire revoir leur classification, plutôt que la classification des voisins plus à gauche. En gros, le PS devient centriste/de droite, et plutôt que de changer cette étiquette, on va dire que c’est les voisins qui sont devenus d’extrême gauche. Cette attitude est politisée : c’est de la communication néolibérale pour faire accepter le capitalisme comme “ni de gauche, ni de droite”.
D’autant que tout le raisonnement se base sur la position dans l’hémicycle, ce qui exclut déjà une bonne partie de la gauche révolutionnaire qui n’est par principe pas dans cet hémicycle. Tout le monde est à la gauche ou la droite de quelqu’un, donc il faut bien prendre un référentiel pour dire de quoi on parle. Mais l’ hémicycle est un référentiel biaisé en ce qu’il lui manque une partie des forces en présence. Et du coup, vu qu’on veut dire que c’est les anciens socdem les nouveaux “extrême gauche”, on est obligés d’aller inventer des termes genre “ultra-gauche” pour les nouveaux révolutionnaires. C’est pas juste une évolution de l’échiquier avec adaptation automatique des étiquettes, c’est une manipulation active des étiquettes pour créer des narratifs plus favorables au capitalisme en appliquant un imaginaire d’extrême-gauche à des partis qui n’en sont pas (de cet imaginaire).